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Pratiquement toutes les grandes périodes de succès de la
Juve ont coïncidé avec la présence au club de joueurs
étrangers au talent hors normes : Michel Platini reste le joueur-sympbole
de la Juve reine d'Italie et d'Europe durant le début des années
80, Deschamps et Zidane furent à la base du renouveau bianconero
de l'ère Lippi. La Juve des années 50 aurait-elle gagné
quatres championnats et deux coupes sans la présence des attaquants
étrangers Hansen, Praest, Charles ou Sivori?Et la fameuse "invincible
armada" turinoise des années 30 aurait-elle remporté
cinq titres d'affilée sans l'apport de ses "oriundi"
d'origine sud-américaine? Probablement pas, tant ces étrangers
ont marqué l'histoire du club.
L'ère des pionniers
: la filière hongroise (1924-1927)
| Durant l'été
1925, la fédération italienne de football autorise l'ouverture
du championnat aux joueurs étrangers : chaque club peut désormais
intégrer deux éléments non-italiens dans son
effectif. Le club turinois porte son choix sur le milieu de terrain
hongrois Jozsef Viola. Un autre hongrois débarque au club la
saison suivante (1925-1926) : Ferenc
Hirzer, un attaquant dont l'efficacité est restée
sans égal dans l'histoire du club. Grâce à l'apport
de cet exceptionnel attaquant, la Juve remporte son second scudetto
(1926). Malheureusement pour le club, les lois fascistes de 1927 interdisant
aux joueurs étrangers d'évoluer dans le championnat
italien, contraignent la Juve à se séparer de ce phénoménal
joueur. |
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Ferenc Hirzer
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L'âge d'or des "oriundi"
sud-américains (1929-1939)
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Renato Cesarini
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Pour contourner ces lois prohibant
les joueurs étrangers dans le calcio, les clubs italiens font
massivement appel à la fin des années 20 aux "oriundi",
nom donné aux joueurs de nationnalité étrangère
(souvent sud-américaine) ayant une descendance italienne. La
Juve profite de ce subterfuge juridique pour engager plusieurs argentins
à la fin des années 20 et au début des années
30 : les milieux de terrain Renato
Cesarini et Luisito
Monti ainsi que l'ailier Raimundo
Orsi en 1929. Ces trois oriundi participeront à la fantastique
série de succès en championnat réalisée
par la Juve dans la première moitié des années
30 (cinq titres consécutifs entre 1930 et 1935). |
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Raimundo Orsi
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une pénurie de
grands joueurs étrangers (1940-1948)
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Riza Lushta
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Le déclenchement du
second conflit mondial limite l'opportunité de recruter des
joueurs étrangers : seuls deux porteront durant cette période
la maillot bianconero : l'uruguayen Raul Banfi et l'albanais Riza
Lushta. Ce dernier, seul albanais ayant évolué au
club, marqua une cinquantaine de buts en championnat pour le compte
de la vieille dame. La fin du conflit et la chute du régime
fasciste marque la fin de l'interdiction des joueurs étrangers
dans le calcio. La Juve engage alors plusieurs joueurs tchécoslovaques
entre 1946 et 1948 (Korostelev, Arpas et Vycpalek, qui entraînera
la Juve avec succès dans les années 70). Ces premières
recrues étrangères d'après-guerre ne permettent
cependant pas au club de re-conquérir le scudetto. |
la génération
danoise ou la re-conquête du scudetto (1948-1956)
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John Hansen
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A partir de 1948, une vague
de joueurs venus du Danemark déferle à la Juve : pas
moins de cinq danois débarquent dans le piémont entre
1948 et 1954. L'engouement du club pour ces joueurs nordiques est
né de leur prestation aux jeux olympiques de 1948 où
ils parvinrent jusqu'en demi-finales après avoir éliminé
l'équipe nationnale italienne. Parmi ces joueurs venus du froid,
trois ont joué un rôle prépondérant dans
le renouveau que connaît le club au début des années
50 (deux titres remportés en 1950 et 1952) : l'attaquant John
Hansen, digne héritier du légendaire buteur hongrois
Hirzer, qui inscrit 124 buts en six saisons (1948-54), Karl
Haage Praest (1949-1956) et Karl
Haage Hansen (1950-53). La Juve dispose ainsi d'un redoutable
trio offensif danois qui contribura largement aux scudetti de 1950
et 1952. |
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Karl Haage Praest
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Charles-Sivori : un duo
d'enfer (1957-1962)
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John Charles
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En 1957 arrivent à Turin
deux attaquants étrangers d'horizons très différents
: John Charles
et Omar Sivori.
Le premier est originaire du Pays de Galles. Il possède un
physique exceptionnel qui fait de lui un des plus redoutables joueurs
de tête de son temps. Le second est argentin, il est doté
d'une technique et d'une vision du jeu hors du commun. Ces deux attaquants
au style très complémentaire font parler la poudre dès
leur première saison (1957-58) : ils marquent 50 buts à
eux deux (27 pour Charles, capocannoniere du championnat et 22 pour
Sivori). avec un titre de champion à la clé. Deux autres
scudetti (1960 et 1961) et deux coupes d'Italie (1959 et 1960) viendront
couronner cette Juve emmenée par ce duo offensif sans égal
pour l'époque en Italie et en Europe. Les chiffres parlent
d'eux-même : Charles et Sivori ont inscrit ensemble 227 buts
en série A sous le maillot bianconero (93 pour Charles, 134
pour Sivori). |
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Omar Sivori
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Beaucoup d'étrangers
mais peu de stars (1963-1970)
| La succession de ce duo d'étrangers
s'avère difficile. De nombreux sud-américains, en grande
majorité brésiliens, se succèdent au club tout
au long des années 60 sans faire oublier Charles et Sivori
: Siciliano et Miranda (1962-63), Nenê (1963-64), Da Costa (1963-66).
Nestor Combin, premier français ayant évolué
à la Juve, ne reste qu'une seule saison (1964-65 pour 7 buts
marqués en série A).Seul deux joueurs émergent
du niveau moyen de ces étrangers des sixties : Luis Del Sol
et Helmut Häller.
Le premier vient du réal madrid et devient un des éléments
essentiels de la Juve des années 60. Il dispute 228 matchs
de championnat en huit saisons (1962-70), ce qui le place au second
rang des étrangers ayant disputé le plus de rencontres
en série A avec la Juve. Peu doué techniquement mais
faisant preuve sur le terrain d'une grinta et d'un sens du sacrifice
hors du commun, ce milieu récupérateur, véritable
plaque tournante de l'équipe, ménera la Juve à
l'unique scudetto (1967) de cette décennie. Quant à
l'allemand Helmut Häller , milieu offensif à la technique
toute brésilienne, il débarque au club en 1968 et remporte
deux championnats (1972 et 1973). |
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Helmut Häller
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L'Italie fermée
aux étrangers (1970-1980)
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José Altafini
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La décennie
70 est marquée par l'absence totale de joueurs étrangers
dans le championnat, à cause d'une loi prohibant la présence
de non-italiens dans le calcio. La Juve réussit malgré
tout à engager un joueur brésilien, naturalisé
italien : l'attaquant José
Altafini, ancien joueur-vedette du Milan AC des années
60, avec lequel il remporta la coupe des champions. Arrivé
à la Juve en 1972 à 34 ans, il sera le joker idéal
de l'attaque turinoise emmenée à l'époque par
Bettega et Anastasi. Rentré souvent en cours de match, il réussit
à faire basculer de nombreux matchs en faveur des bianconeri
grâce à son expérience et son opportunisme devant
le but adverse. Il resta au club jusqu'en 1976, remportant au passage
deux titres de champions (1973 et 1975). |
Les étrangers reviennent...et
font gagner la Juve (1980-1986)
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Liam Brady
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La Juve profite de la ré-ouverture
du championnat aux joueurs étrangers en 1980 pour recruter
le milieu offensif d'Arsenal, l'irlandais Liam
Brady. Ce choix s'avére judicieux : le club remporte sous
sa baguette deux titres consécutifs (1981 et 1982). Brady est
à chaque fois décisif dans l'obtention de ces deux scudetti
: meilleur buteur turinois la première saison (8 buts) et auteur
d'un but à la dernière journée du championnat
1981-82 qui permet à la Juve de coiffer sur le fil la Fiorentina
et de remporter ainsi son vingtième scudetto. Le meneur de
jeu irlandais est remplacé la saison suivante par la plus célèbre
numéro 10 de l'histoire du club : Michel
Platini. Le français débarque à Turin en
même temps que l'attaquant polonais Boniek
: ce duo franco-polonais s'entend à merveille sur le terrain,
comme en témoigne la finale de coupe des champions de 1985
contre Liverpool durant laquelle Boniek provoque le penalty décisif
suite à une somptueuse ouverture de Platini. Sous l'impulsion
de ses deux étrangers et de ses six champions du monde de 1982
(Zoff, Gentile, Scirea, Cabrini, Tardelli, Rossi et Furino), la Juve
domine le football italien (championne en 1984 et 1986) et européen
(champione d'europe en 1985). En 1985, un autre artiste étranger
du ballond rond vient compléter cette galerie de stars : le
danois Michael
Laudrup, victorieux avec la Juve de la coupe intercontinentale
(avec un but à la clé) et du 23ème scudetto (en
1986) de l'histoire du club. |
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Michael Laudrup
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La valse des joueurs étrangers
(1987-1994)
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Julio César
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Le départ de Platini
ouvre une période bien sombre pour les étrangers du
club : beaucoup vont se succéder mais aucun ne réussira
à devenir le digne héritier du meneur français
: le russe Zavarov ne reste que deux saisons (1988-90) et marque seulement
7 buts en 60 matchs de championnat. L'allemand Häessler
n'a pas plus de réussite que Zavarov : une seule saison (1990-91,
un seul but en 32 rencontres de série A) et puis s'en va...L'anglais
David Platt
ne reste lui aussi qu'une saison (1992-93) pour un bilan bien maigre
(16 matchs disputés et 3 buts). Tous ces meneurs de jeu étrangers
à la réputation flatteuse qui étaient censés
remplacer Platini échouèrent à s'adapter au rugueux
football italien. Même constat d'échec pour les attaquants
étrangers recrutés par le club pour pallier aux départs
de Boniek et Rossi : le Gallois Ian Rush, dont les dirigeants turinois
voyaient en lui le digne héritier de John Charles, effectue
une seule et catastrophique saison au club (1987-88, 7 buts en 29
matchs) indigne du grand buteur qu'il était à Liverpool.
Le petit attaquant portugais Rui
Barros ne fait guère mieux que son predecesseur gallois
(deux saisons au club pour 14 buts inscrits). Autre grande déception,
le défenseur allemand venu du Bayern de Munich Stefan
Reuter qui repart en Allemagne dès la fin de sa première
et unique saison chez les bianconeri (1991-92). Seuls les défenseurs
Julio César
(1990-94), Jürgen Kohler (1991-95) et dans une moindre mesure
l'attaquant allemand Andreas Möller (1992-94) émergent
de la médiocrité globale de ces étrangers. Cette
pénurie de joueurs étrangers de valeur coïncide
avec la longue traversée du désert de la Juve des années
87-94 : aucun scudetto remporté durant cette période. |
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Jürgen Kohler
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Deschamps et Zidane, dignes
héritiers de Platini (1994-1998)
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Didier Deschamps
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Marcello Lippi
arrive en 1994 comme nouvel entraîneur du club. Son choix pour
les étrangers se porte sur le défenseur croate Jarni
et les milieux récupérateurs Didier Deschamps et Paulo
Sousa. Ces recrues, sur le papier moins prestigieuses celles de la
précédente période (1987-94), participent au
renouveau du club qui reconquiert le scudetto (1995) après
9 années de disette et remporte la ligue des champions l'année
suivante. Sousa est élu meilleur étranger de la saison
1994-95 et Deschamps est vite surnommé le "nouveau furino".
Le défenseur uruguayen Montero, le français Zidane (1996)
et le hollandais Davids (1997) viennent renforcer par la suite avec
bonheur le contingent étranger du club et contribuent à
la conquête de deux autres titres de champion (1997 et 1998). |
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Paulo Sousa
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Des étrangers de
seconde zone (1998-2001)
La génération d'étrangers
qui arrive au club à partir de 1998 est constituée de joueurs
peu connus sur le plan international : Mirkovic, Tudor et Blanchard en
1998, Esnaider, Isaksson, O'Brien en 1999. Les deux seuls grands noms
de cette période sont l'attaquant français Thierry Henry
et le gardien hollandais Edwin Van Der Sar. Ce recrutement est un échec
sur presque toute la ligne (excepté le géant croate Igor
Tudor qui s'affirme comme un pion essentiel de l'équipe actuelle)
:pratiquement tous ces joueurs étrangers partiront dès la
fin de leur première saison et la Juve perdra à deux reprises
le scudetto à la dernière journée (2000 et 2001).
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