Né
à Turin, Roberto Bettega est un pur produit du centre de formation de
la Juve. En 1969, ce jeune mais déjà très prometteur attaquant
d'à peine 19 ans est prêté au club de Varèse qui
évolue alors en série B. C'est l'occasion pour Bettega de montrer
ses talents de buteur : il termine meilleur réalisateur du championnat
avec 13 buts, contribuant ainsi grandement à la montée de Varèse
en série A. Nils Liedholm, coach de l'équipe, ne tarit pas d'éloges
sur cet avant-centre complet, aussi à l'aise dans le jeu aérien
que balle au pied.
Cette première saison concluante incite les dirigeants turinois à
le rappeler et à l'intégrer directement dans l'effectif professionnel
du club. L'entraineur turinois de l'époque Armando Picchi donne immédiatement
sa chance au jeune Bettega : il l'aligne dès le premier match de la saison
1970-71 contre Catane. Bettega inscrit de la tête l'unique but de la partie
et s'impose immédiatement comme le leader d'attaque du club turinois
: il termine meilleur buteur du club toutes compétitions confondues avec
21 buts dont 13 en championnat.Titulaire indiscutable dès sa première
saison, Bettega effectue durant la suivante (1971-72) un exceptionnel début
de championnat avec pas moins de 10 buts en seulement 14 matchs, dont une réalisation
d'anthologie contre le Milan AC (but du talon contre le grand Cudicini). Rien
ne semble pouvoir freiner l'irrésistible ascencion de "Bobby-goal",
tels que le surnomment désormais les tifosi bianconeri.
La carrière de joueur de Bettega prend pourtant une tournure dramatique
le 16 janvier 1972 après un match contre la Fiorentina remporté
par la Juve sur un nouveau but de Bettega. Souffrant de toux et d'accès
de fièvre depuis quelques temps, l'attaquant turinois voit sa santé
s'aggraver brusquement, si bien qu'il est admis à l'hopital pour des
examens. Le verdict médical est terrible : Bettega souffre d'un début
de tuberculose. Parmi les supporters et dirigeants turinois, beaucoup sont ceux
qui pensent alors que Bettega est perdu pour le football. Grâce à
des soins intensifs et une volonté de fer, Bettega réussit à
vaincre la maladie pendant que ses coéquipiers remportent le championnat
1971-72.
Il récupère sa place de titulaire dès la première
journée du championnat 1972-73. Plus de huit mois de lutte contre la
maladie ont cependant affaibli physiqement Bettega et ses prestations sur le
terrain s'en ressentent : il ne marque qu'une seule fois durant le première
moitié de la saison. Mais à force de persévérance
et de travail physique, il retrouve peu à peu son meilleur niveau. Le
déclic se produit lors de la 18ème journée de championnat
contre la Lazio où Bettega inscrit le seul but de la rencontre. Les buts
s'enchaînent alors à nouveau (6 dans les dix derniers matchs de
championnat).
"Bobby-gol" était bel et bien de retour.
Désormais débarrassé de la maladie et bien épaulé
en attaque par Anastasi puis Boninsegna, Bettega participe à tous les
grands succès nationnaux et européens de la Juve durant les années
70 (5 titres de champion et une coupe de l'UEFA). Son extraordinaire jeu aérien
(comparé à l'époque à celui de John Charles), sa
faculté de tirer indistinctement des deux pieds et son sens du but (couronné
par le titre de capocannoniere en 1980) en firent le meilleur attaquant italien
de de la décennie 70 et l'un des tous meilleurs en europe. La saison
1976-77 constitue le point d'orgue de sa carrière avec la Juve : il remporte
un fabuleux doublé scudetto/coupe de l'UEFA, inscrit 17 buts en championnat
(son meilleur total sur une saison) et 5 en coupe d'europe dont un décisif
en finale contre les espagnols de Bilbao.
Ses buts à répétition sous le maillot bianconero l'amènent
tout naturellement en sélection nationale, au sein de laquelle il débute
en 1975. Il participe activement à la qualification des italiens pour
la coupe du monde 1978 grâce notamment à un but somptueux (tête
plongeante) marqué contre l'Angleterre en 1976. Malgré ses 19
buts en 42 sélections (meilleur réalisateur bianconero en sélection
avec Baggio), Bettega connaît plus de déceptions que de joies avec
la squadra azzurra. Titulaire à la coupe du monde 1978 en compagnie de
8 autres (!) co-équipiers bianconeri, il marque deux buts (dont l'un
donne la victoire contre les futurs champions du monde argentins) mais ne peut
empêcher l'élimination prématurée des italiens. Une
grave blessure aux ligaments contractée durant la saison 1981-82 le prive
de la coupe du monde 1982.
Bettega dispute en 1982 sa dernière saison turinoise aux côtés
d'un certain Michel Platini comme compagnon d'attaque. Son dernier match officiel
avec la Juve lui laissera un goût d'inachevé : il perd la finale
de la coupe d'europe des clubs champions à Athènes contre les
allemands de Hambourg. Cet échec ne peut cependant effacer son extraordinaire
palmarès forgé avec la Juve (7 championnats, 2 coupes d'Italie,
1 coupe de l'UEFA), fruit d'une fidélité exemplaire aux couleurs
turinoise (13 saisons consécutives) et d'un sens du but peu commun qui
fait de Bettega un des plus grands cannoniers de tous les temps de la Juve,
comme en témoignent ces quelques statistiques éloquentes : 4ème
meilleur buteur de la Juve en championnat (129 buts) derrière Boniperti,
Borel II et Sivori, second meilleur réalisateur européen du club
derrière Del Piero (27 buts) et dauphin du légendaire Boniperti
pour le total de buts inscrits toutes compétitions confondues (178 buts).
Vice-président de la Juve depuis 1994, Roberto Bettega continue à
enrichir sa collection de trophées avec un palmarès de dirigeant
tout aussi impressionnant que celui de joueur (4 championnats, 1 coupe d'Italie,
2 supercoupes d'Italie, 1 ligue des champions, 1 supercoupe d'Europe, 1 coupe
intercontinentale).
|
ROBERTO BETTEGA
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||