Durant
ses huit saisons passées à la Juve, Omar Sivori illumina le jeu
des bianconeri par sa technique toute sud-américaine et son sens du but.
A coté de prouesses techniques géniales, dignes d'un Maradona
ou d'un Platini, Sivori se distinguait parfois sur le terrain d'une autre manière,
moins enviable, par une attitude très provocatrice vis à vis des
adversaires et de l'arbitre.
Né en Argentine, Sivori exerce d'abord ses talents dans le club de River
Plate avec lequel il remporte trois championnats d'argentine consécutifs.
Titulaire en équipe d'Argentine dès l'âge de 22 ans, il
remporte avec sa sélection le championnat sud-américain. Vite
repéré par les plus grands clubs européens, son transfert
à la Juve est favorisé par Renato Cesarini, ancien joueur turinois
et chargé de la formation au sein du River Plate.
Les négociations entre les deux clubs sont aussi facilitées par
les difficultés financières du club argentin, qui se résout
à "sacrifier" son joueur. La somme payée à l'époque
par la Juve pour Sivori (180 millions de lires) est astronomique (elle permettra
à River Plate de refaire pratiquement toute une équipe et de moderniser
le stade).
Le président de l'époque, Umberto Agnelli, ne regrettera pas ce
coûteux investissement pour cet attaquant de 22 ans : dès sa première
saison en 1957, Sivori enchante les tifosi bianconeri par son génie technique
et son efficacité : il inscrit 22 buts et contribue ainsi grandement
au titre de champion conquis cette saison par le club. Son entente avec son
compère d'attaque, le géant gallois John Charles, fait des merveilles
: ils inscrivent à eux deux 50 buts (!) durant le championnat 1957-58.
Avec ce duo de feu, bien soutenu par Boniperti, la Juve truste trois scudetto
en quatre ans (1958, 60 et 61). Le talent de Sivori sera récompensé
par de prestigieux titres individuels ( meilleur buteur du championnat en 1960
et surtout ballond d'or en 1961).
Cette carrière exceptionnelle à la Juve reste cependant assombrie
par un comportement sur le terrain toujours à la limite de la provocation
physique et verbale vis à vis de ses adversaires. Ce trait de caractère
lui vaudra de nombreux avertissements et expulsions : il "collectionna"
ainsi dix expulsions et 33 journées de suspensions (!) durant son séjour
dans le calcio. Ces dérapages ne doivent toutefois pas faire oublier
l'exceptionnel rendement offensif de ce joueur dont les statistiques (voir tableau
ci-dessous) se passent de commentaire.
Sivori partira de la Juve en 1965 suite à un conflit avec l'entraîneur
de l'époque, le paraguayen Heriberto Herrera. Il ne quitta pas pour autant
le championnat italien puisqu'il signa à Naples où il retrouva
un certain José Altafini, attaquant brésilien qui rejoindra à
son tour la Juve quelques années plus tard.
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OMAR ENRIQUE
SIVORI
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